« La Vague » a terrassé le Grand Auditorium de la BNF

« La Vague », d’après le roman L’océan dans la rizière de Richard Collasse, le 14 mars 2015 au Grand Auditorium de la BNF à Paris.

C’est l’histoire du jeune Sosuke, lycéen à Kesennuma, dans le Tohoku, où il demeure avec toute sa famille. Par tradition, tous les 3 mars, son arrière-grand mère Kiku fait le récit du tremblement de terre de Sanriku de 1933. Le 11 mars, c’est le jour de son anniversaire, mais ça n’est pas très important, car ils ne le fêtent pas dans sa famille. Mais pour Sosuke, cela reste un jour primordial car il s’est décidé à embrasser Aoï, son premier amour.

Mais le 11 mars 2011, le monde entier sait qu’il en alla autrement pour le Japon. Après un tremblement de terre d’une amplitude rarement égalée, un tsunami féroce ravagea les cotes du Tohoku. L’océan fit déborder la rizière. Les camarades de Sosuke montèrent sur le toit de l’école, alors que celui-ci et Aoï aidaient une vieille femme à gagner les hauteurs. Mais ce fut trop tard; car l’arrivée de l’eau emprisonna Aoï et Sosuke n’arriva pas à la sauver.

Cette histoire nous est contée, interprétée et dansée par les membres du Théâtre de femmes Franco-Japonais Séraph, qui allient avec une grande justesse l’émotion dégagée par la narration et les interludes dansés sur fond musical de Ludovico Einaudi (Le Onde). En ce sens, la mise-en-scène de Sayori Okada se révèle dynamique et fluide, les moments s’enchaînent, emportant désarroi, tristesse, espoir sur leur passage.

« La Vague » pose une question fondamentale, celle des liens entre les hommes et de la construction d’un individu. Alors que l’océan se retire, Sosuke et ses amis survivants regardent avec effroi les corps inertes de leurs camarades, prisonniers dans le gymnase de l’école, emportés un à un par la marée. Dans le même temps, un hélicoptère d’une chaîne de télévision française survole la catastrophe, et on entend l’envoyée spéciale donner à voir en spectacle ce vaste désastre.
Ce jour-là, le Japon est devenu la grande scène du monde où se jouait un drame, mais comment jouer, si l’on est dépourvu de passé et sans perspective d’avenir ?

Sosuke erre, dévasté par la perte d’Aoï, de toute sa famille, qu’il découvre morte sous les décombres de leur maison. Ses amis retrouvent peu à peu des parents, mais il reste seul, à la morgue, pour identifier les corps de son père et de sa soeur. Cet homme qui l’attend en dehors de l’école, est-ce réellement son oncle ? Sosuke va-t-il pouvoir construire le reste de son existence ?

Ce projet ne nous a pas seulement permis de nous souvenir du 11 mars 2011, il nous montre que l’art est une forte forme du témoignage, et que la création ne s’arrête pas à la frontière du désastre.

Dans l’histoire, Sosuke est membre de l’orchestre jazz des Swing Dolphins, un orchestre existant réellement à Kesennuma, composé de jeunes de 10 à 15 ans, qui a repris ses activités peu après le passage du tsunami en 2011. Tous les dons collectés leur seront reversés, pour favoriser la création musicale, et permettre la réalisation des rêves de ces jeunes : participer au Festival de Jazz de Sendaï.

Crédit photo : Miho Matsumoto

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