Winter Sleep par Nuri Bilge Ceylan (2014)

Palme d’Or 2014, gros buzz de l’année cinématographique, on n’entend parler que de lui. On l’encense, encore et encore. N’ayant pas pu me résoudre à m’enfermer trois heures durant dans une salle obscure pour le voir, j’ai attendu la sortie en DVD. C’est donc du fond de mon canapé que j’ai été en proie à de nombreuses interrogations.

Je sais pertinemment, en écrivant cette critique, que la foudre des rédacteurs ciné (sans parler des fans) va s’abattre sur moi. Mais bon, en ces temps démocratiques, essayons de ne pas nous étriper quand nos opinions divergent. Certains ont détesté « La Vie d’Adèle », moi pas. Chacun son tour.

Nous voilà en Cappadoce, Anatolie centrale. Aydin (Haluk Bilginer), ancien comédien, y tient un hôtel, loin de tout. Au cœur de cet isolement forcé, par la localisation de l’endroit et l’arrivée de l’hiver, nous sommes plongés bon gré mal gré dans d’interminables règlements de compte, réflexions existentielles de comptoir, le tout en huis clos, si bien qu’on en oublie l’Anatolie environnante. Euh.

Nihal (Melisa Sözel), jeune épouse vivant aux crochets d’Aydin, veut voler de ses propres ailes alors qu’elle ne sait pas tenir les comptes des donations faite à une école par son association. Necla (Demet Akbag), sœur d’Aydin, vit sous leur toit et ne supporte pas son récent divorce. Tout le monde, dans ce film, est insupportable, mais là n’est le problème. Je m’interroge quand je vois en tête d’affiche « 3 heures de bonheur », mais il est où ce bonheur ?! D’accord, j’admets avoir fermé les yeux pendant cinq minutes (la faute au canapé, hein), mais j’en ai pas vu la couleur de ce truc. « Eblouissant », ça m’fait sourire quand on voit que la moitié du film est tournée dans la pénombre. Ironie mise à part, on passe trois heures à écouter les défauts des uns et des autres, Aydin se complaisant dans sa suffisance et sa supériorité intellectuelle derrière son écran d’ordinateur, Nihal piquant des colères de gamine parce que son mari lui a tout volé et enfin Necla étant persuadée qu’une victime s’offrant à son bourreau lui fera prendre conscience de sa cruauté. Amen.

Je reste d’autant plus interloquée par la fin du film, alors qu’Aydin et Nihal en arrivent à un point de non retour, et qu’il se décide à quitter l’Anatolie jusqu’au printemps pour Istanbul. Celui-ci n’arrive pas à partir et se réfugie chez un ami pour la nuit pour rentrer le lendemain. Impossible de vivre sans Nihal, amour de toujours. Pardon ?

On me glisse dans l’oreille que j’ai rien compris : c’est du Tchekov, c’est de là que toute la subtilité des dialogues prend vie … peut être. Je ne sais pas si c’est in les huis clos vindicatifs, mais on en fait vite le tour ; l’Anatolie est trop peu filmée alors que les dialogues s’éternisent, sans aucune tension. Restent quelques bonnes répliques, certes. En fait je ne comprends vraiment pas cet engouement, à croire que le must c’est de tourner une scène de beuverie où chacun cite Shakespeare comme ça l’arrange, pour finir avec panache sur du vomi. C’est ça le réalisme qu’on prime en 2014.

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